Tahtib Traditionnel vs Modern Tahtib

Publié le par Association Seiza

Un article d'Adel Paul Boulad

Ecrire le présent dans la continuité du passé

Ecrire le présent dans la continuité du passé

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L’homme fait l’art.

Les hommes passent, l’art se poursuit.

En créant Modern Tahtib, je m’inscris dans la lignée de la pratique martiale et festive du bâton Egyptien, avec pour intention de le rendre accessible à tous en restant fidèle aux valeurs transmises et changeant les aspects culturels inadaptés à la propagation.

L’art du bâton Egyptien a traversé plus de 5000 ans. D’abord discipline guerrière (Vème dynastie), puis martiale et festive (XXème dynastie), il a pris sa place dans les veillées des villages, les jeux en fin de chantier, les célébrations à l’occasion de fêtes et des mariages. Malgré quelques tentatives dans les années 70 du XXème siècle, cet art est resté dans le monde rural sous les formes de joutes martiales, de jeu, de folklore. Les formes visibles dans les villes égyptiennes sont : le spectacle folklorique, les troupes de danse et d’art populaire, les joutes organisés suivant la tradition rurale dans les quartiers de résidence de saïada (pluriel de saïdi, habitant de haute-Egypte).

En 5000 ans l’art du bâton Egyptien a subi toutes sortes d’influence et de transformations.

CE QUI CHANGE AVEC MODERN TAHTIB

Par rapport à la pratique martiale et festive traditionnelle en Egypte, j’ai pris l’initiative y compris en Egypte, de :

  • Introduire le combat multiple (2-3 contre un) comme il pouvait l’être légitimement sur le champ de bataille à la Vème dynastie,
  • Créer une méthode de transmission moderne avec notamment,
    • Des mouvements de préparation corporelle et de maîtrise du bâton,
    • Des enchainements codifiés (huit formes) comportant,
      • les principes fondamentaux (respect de soi, respect de l’autre, protection de la tête, synchronisation corporelle, relâchement, puissance et contrôle, vitesse et adresse, et.),
      • les techniques de défense – attaque et les feintes recensées en Egypte,
      • les techniques et les feintes développées à des fins de symétrie gauche-droite.
  • ouvrir la pratique aux femmes,
  • Changer le vêtement. Utiliser un vêtement sportif au lieu de la tenue standard, voire obligatoire, traditionnelle de la galabeyya. Créer une ceinture distinctive (ceinture à trois pans en lien avec les fresques de la Vème dynastie,
  • garder le système musical avec les rythmes de percussion,
    • en retirant le mizmar (haut-bois) qui rebute plus de 50% d’une audience néophyte,
    • renforcer le dialogue musiciens – jouteurs pendant la joute,

CE QUI NE CHANGE PAS AVEC MODERN TAHTIB

  • Le développement de la pratique du combat au bâton (rotin), qui permet l’effleurement,
  • Le système et l’éducatif du Respect,
  • La gestuelle et le système circulaire,
  • La célébration dans un mode engagé et bienveillant, avec les trois acteurs en interaction, les jouteurs, les musiciens et le public.

AP. Boulad, Paris le 20 Juin 2015

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